En cette période où l'on ne cesse à longueur de journée de célébrer à la télévision, à la radio et dans la presse la victoire de Barack Obama on pourrait croire que rien ne nous sépare plus des Etats-Unis d'Amérique. Hier j'ai fait l'expérience du contraire. Je me suis retrouvé presque seul avec mon homme dans la grande salle de la Géode (30 spectateurs pour 400 places) où était retransmis en direct du Metropolitan de New-York l'opéra de John Coolidge Adams "Doctor Atomic". Ainsi je suis l'unique blogueur français prêt à parler de cette oeuvre et surtout de son auteur et je n'aurai sans doute pas plus de cinq lecteurs à me lire alors  que si j'écrivais en anglais je pourrais m'attendre à des dizaines de commentaires car de l'autre coté de l'atlantique John Adams est connu de milliers d'américains et la salle du Metropolitan pratiquement pleine l'attestait encore hier.

Dans le domaine de la musique nous connaissons tout juste Philip Glass car il vient souvent en Europe et qu'il a fait beaucoup de musique de film mais nous restons d'une ignorance crasse de la musique américaine classique contemporaine. Je suis sûr et certain qu'un étudiant du conservatoire national de musique de paris peut faire son cursus complet sans jamais en avoir entendu parler alors que l'on l'aura gavé de Messiaen et de "sous-Boulez" de l'IRCAM qui auront déformé sa façon de jouer ou d'écrire a tel point qu'il trouvera naturelle une musique inaudible et aussi tout simplement médiocre source due divorce entre le public et lacréation officielle française depuis un demi-siècle.

A cause de cet état de fait il m'est très difficile de trouver des enregistrements des oeuvres récentes de John Adams et comme m'a dit mon homme nous nous sommes en fin de compte payés la vision d'un DVD sur grand écran. En effet même si miracle de la technique aidant nous suivions en direct une "matinée" du Met nous n'étions absolument pas dans des conditions d'écoute comparable. Les haut-parleurs nous renvoyaient une musique trop forte et nous étions privés des différences de localisations spatiales des chanteurs sur la scène.

Sur le spectacle je ne m'étendrait pas puisque ici l'histoire du premier essai atomique au Nouveau Mexique n'intéresse personne et que si j'écris que cette composition m'a donné l'impression d'être dans le prolongement de la deuxième partie de "El Niño" du même auteur créé au Châtelet mais oublié depuis cela ne signifiera rien pour mes très rares lecteurs.

édit du 10 novembre : comme Zvezdo me l'a signalé je ne suis finalement pas le seul blogueur français à parler de "doctor atomic" puisque lui et Laurent de Paris-Broadway ont écrit chacun un billet sur cet opéra. Mais comme tous deux l'ont vu à New-York je suis quand même le seul blogueur à l'avoir écouté dans une salle de cinéma en France donc le titre de cette note reste valide !