Le site de la salle Pleyel est décidément bien fait puisque il me permet d'avoir les réponses aux devinettes que me posent les bis lors des concerts.

Ainsi pour le concert d'hier je me rend compte que j'ai été bon pour celui de la première partie car j'avais bien reconnu qu'il s'agissait de Claude Debussy (un extrait de Children's corner )mais mauvais pour ceux qui ont suivi la deuxième partie car j'avais proposé Tchaïkovski et Borodine et que le premier n'était pas russe puisqu'il s'agissait de Ruggero Leoncavallo (un interlude tiré de "Paillasse) et le second même s'il était bien russe n'était autre que Nikolaï Rimski-Korsakov (Danse des bouffons extrait de Snegourotcha).

En tout cas grâce à l'orchestre national du Capitole de Toulouse et son jeune chef russe (plus précisément ossète du nord comme Gergiev) Tugan Sokhiev j'ai retrouvé le plaisir d'entendre un orchestre vigoureux jouer de manière convaincante la symphonie n°5 de Dmitri Chostakovitch, une oeuvre poignante composée comme le rappelait le programme "la peur au ventre" lors des purges stalinienne en 1937. Même si je ne suis pas un spécialiste j'ai retrouvé dans le premier mouvement des accents qui me rappelait mais de manière atténuée la quatrième symphonie que Chostakovitch avait mis dans son tiroir  car il craignait que sa modernité formelle ne mette un terme prématuré à sa vie. Le dernier mouvement de la cinquième contraste étonnemment par son triomphalisme grandiloquent aux coté dramatique des trois mouvements qui le précèdent mais ce n'est qu'à l'extrême fin que l'on peut en percevoir le sens par de lourdes percussions qui sont sensés faire comprendre à ceux qui ont des oreilles que ce sont les clous du martyr que l'on enfonce dans le corps de la Russie.