L'Histoire d'aussi loin que je m'en souvienne m'a toujours passionnée.
Ce que j'aime ce n'est pas tant le récit des événements que la possibilité de trouver un ordre dans tout ce fatras de petites et de grandes choses. C'est un peu comme voir se dessiner un paysage en montant sur une colline ou même plus prosaïquement sur le toit de sa maison.
Le vingt et unième siècle en est à sa douzième année et depuis le début il me manque quelque chose. C'est que j'ai la faiblesse de croire au grand événement fondateur, la césure qui fait qu'il y a un avant et un après. Cela marche si bien avec le vingtième siècle et 1914 ...

édit du 9 avril : A y repenser ce n'est pas 1914 la date clé pour le vingtième siècle mais 1917.
C'est seulement cette année là que les Etats-Unis entrent en guerre et du même coup vont être amenés à assumer un destin mondial, c'est aussi cette année là que la Russie entre en révolution ouvrant le cycle des révolutions qui vont faire disparaître "le monde d'avant" comme le désignait Stefan Zweig.
Pour l'instant j'ai l'impression que le grand événement qui donnera son sens au vingt et unième siècle n'est pas encore survenu et ce qui me dérange c'est que je n'arrive même pas à le deviner. Pourtant j'ai la conviction qu'il est proche. Une catastrophe telle un grand coup de cymbale comme dans les premières mesures du quatrième mouvement de la première symphonie "Titan" de Gustav Mahler ... ou une extraordinaire découverte ? Je crois que d'ici cinq ans je saurai et alors, peut-être, commencerai-je à comprendre mon époque.