Je suis revenu les yeux fatigués de Venise. Puisque à l'hôpital des Quinze-Vingt on m'a montré que je pouvais encore percevoir les lignes verticales et horizontales, j'ai utilisé à fond cette possibilité pour suivre le tracé des petits canaux dans la ville à chaque fois que je passais sur un pont et pour tenter de distinguer le dessin des façades des palais se détachant sur le grand canal.

Beaucoup plus difficile voire impossible fut l'observation des innombrables chefs-d'oeuvre de la peinture dans les églises et les musées. Vu les descriptions je crois que j'aurais aimé davantage ceux du Titien que ceux du Tintoret car les martyrs, tel celui de Saint Laurent sur le grill visible à l'église des Jésuites, sont présentés par celui-ci parés d'une certaine élégance.

En visitant les îles de Murano et de Burano la mémoire m'est revenu de les avoir vu lors d'un premier très bref séjour à Venise quand j'étais adolescent. Cela aide aussi pour apprécier des lieux.