Ce matin si l'on est canadien, cet après-midi de mon point de vue parisien, le premier ministre Stephen  Harper s'est présenté à la résidence officielle de la gouverneure générale du Canada qui exerce la fonction de chef de l'Etat au nom de la reine Elizabeth II vers
9h30 (heure normale de l'est ... c'est-à-dire 15h30 en France). La veille, le premier ministre avait promis de prendre «tous les moyens légaux»
afin d'empêcher le gouvernement de coalition proposé par le Parti libéral et le NPD,
et soutenu par le Bloc québécois, de prendre le pouvoir. La rencontre a duré plus
de deux heures. Les trois partis de l'opposition avaient imploré Mme Jean de rejeter
la requête sans précédent du premier ministre afin que le gouvernement Harper se
soumette à un vote de confiance lundi prochain.
Ce matin ils ont même fait parvenir à la gouverneure générale une pétition de 161
noms - tous les élus de l'opposition moins les deux députés indépendants - afin de
lui signifier que M. Harper n'avait plus la confiance de la Chambre et qu'elle ne
devrait pas accepter la prorogation.
La pétition semble avoir été reçue trop tard.
M. Harper avait déjà obtenu ce qu'il réclamait, soit un sursis de sept semaines qui
lui permettra de préparer un nouveau discours du Trône, qui sera présenté le 26 janvier,
et un nouveau budget, qui sera déposé le 27 janvier.
De toute évidence, M. Harper compte sur l'implosion de la coalition au cours des
prochaines semaines pour éviter la chute de son gouvernement lorsque les travaux
de la Chambre des communes reprendront en janvier.

Ainsi ce clôt une semaine de crise politique marquée par des joutes oratoires lors des questions au gouvernement où le français et l'anglais comme le bilinguisme officiel l'impose se sont entremêlés ainsi qu'on peut le vérifier sur le site de la chaîne parlementaire du Canada CPAC en visionnant la 13e période des questions de cette législature , la dernière 

avant que le premier ministre ne «mette le cadenas» sur la porte des Communes comme l'a déploré Jack Layton, le chef du NPD.

Je m'étonne que tout ce charivari n'ait pas eu d'écho en France alors que sa source était un "énoncé économique" du gouvernement où n'était proposé rien de moins que la suppression des aides publiques aux partis politiques et la suspension du droit de grève dans la fonction publique jusqu'en 2011 !