Pendant que son ministre de l'interieur en partance était, comme tous les jours, en campagne, Dominique de Villepin a visité hier,  dans l'indifférence presque générale, le site d'un des projets phares de son gouvernement : la future grande salle de concert symphonique , dans le parc de la Villette. Certes le grand auditorium ne sera pas terminé avant 2012 mais son architecte sera choisi le 5 avril prochain. L'objectif du projet est de développer une « pluri-activité » : à côté de la salle de concert proprement dite, de 2 400 places et dotée, parait-il,  d'une acoustique à la pointe de la technologie, plusieurs autres équipements seront réalisés, comme un atelier pédagogique, un espace de formation à la musique et un centre de ressources documentaires. Autre objectif du projet : réaliser une véritable oeuvre architecturale qui viendra compléter l'ensemble existant déjà au parc de la Villette. Le bâtiment pourra faire 37 m de haut au maximum, avec l'exigence de dépasser en hauteur le boulevard périphérique qui passe à proximité. « Si Bertrand Delanoë avait été aux cotés de Villepint il aurait parlé d'un "geste architectural fort" comme il l'aime à le faire pour les tours dont la construction lui démangent. Mais à sa place s'était Renaud Donnedieu de Vabres qui était là pour faire l'article et accessoirement montrer qu'il y a encore des ministres à leur poste.

L'argument avancé pour justifier ce projet dont le budget doit atteindre la bagatelle de 202 Millions d'Euros (financé à hauteur de 45 % du budget total par l'Etat, la Ville apportant 45 % elle aussi et la région, 10 %) est que Paris manque d'une grande salle symphonique. A mon avis, il serait recevable si  la salle Pleyel n'avait pas été refaite complètement et rouverte avec le succès qu'on sait il n'y a pas si longtemps.

« Paris est une des dernières métropoles mondiales à ne pas posséder une telle philharmonie. Nous ne devons pas prendre de retard ! » a déclaré aux journalistes l'inspirateur du projet, l'octogénaire Pierre Boulez dont d'un cerrtain coté je comprends l'impatience. Je suis prêt à parier qu'il compte bien à défaut de pouvoir jouer dans cette salle que celle-ci porte son nom. Si c'est cela, sa vanité risque de nous couter bien cher.