Je suis monté sur l'estrade. debout, j'ai pris le micro que me tendait le président de séance assis derrière moi. J'ai pris ma respiration et j'ai commencé par une question : "qui suis-je ?" Un silence puis je me suis mis à enchaîner à toute vitesse mon âge, ma situation de famille, ma profession, mes fonctions électives, et je me suis interrompu. "j'arrête là car nous ne sommes pas à questions pour un champion, nous sommes entre nous et vous me connaissez bien."

J'ai senti que j'avais réussi ce qu'on appelle l'accroche dans une introduction. Je n'avais que trois minutes. Je m'y suis tenu en appliquant les règles éprouvés du plan sciences-po. Et c'est fou de penser comme cela marche bien. Deux parties, dans chacune deux sous parties , et les idées les plus fortes dans la deuxième sous partie de la première et dans la première sous partie de la deuxième.  Avec cela je pouvais parler avec assurance, et le stress que j'avais accumulé se transformer en fougue. Et j'ai terminé par un "collectivement, nous allons porter l'imagination au pouvoir !". Après cela j'ai descendu les marches de l'estrade pour retourner à ma place content de m'être donné à fond. Tout n'était pourtant pas terminé. Il restait à voter mais je m'était fait plaisir et je leur avait fait plaisir. D'une certaine manière, mes camarades  n'avaient pas hésité à me mettre à l'épreuve car ils attendaient cela de moi. Heureusement, les jeudis de mars ont l'air de me réussir cette année.

Je n'oublie pas que beaucoup de personnes m'ont aidé, en me soutenant moralement notamment, Eric le premier. Je pense aussi à ce petit mot d'encouragement reçu dans ma boîte aux lettres électronique qui m'a fait chaud au coeur car j'ai su ainsi dès le matin que quoiqu'il arrive à cette soirée décisive j'avais gagné un ami.