"Après une première privée d'éclairages, en raison d'une grève, et une deuxième représentation marquée par la défection du ténor Neil Shicoff, la Juive de Halévy a pris sa vitesse de croisière le week-end dernier dans un Opéra Bastille bondé. "

Grâce à cette information dont je ne disposais pas samedi soir donné par Eric Dahan en introduction à sa critique de "la juive" de Halévy dans Libération de ce lundi, j'apprécie encore plus de m'être bien gardé de prendre des places de première cette saison à bastille.

"La Juive reste un mélo, réclamant une puissante direction d'acteurs, et chacun est à sa place dans le décor de tubulures en apesanteur figurant, au gré des éclairages de Jean Kalman et des transformations opérées par George Tsypin, la cathédrale de Constance à l'époque du Concile de 1414, puis la prison où Eléazar et Rachel attendent la mort. "

Là encore je remercie Eric Dahan de me permettre de comprendre ce que mon Eric a eu bien du mal à me décrire car pendant tout le premier acte j'étais quelque peu intrigué par les étranges cliquetis que j'entendais en provenance de la scène.

"Eléazar de référence, Neil Shicoff tétanise toujours les foules, malgré son peu de respect, parfois comique, pour la langue, le son et le style français", signale notre critique de Libé, en fin de compte plus indulgent que Renaud Machart dans Le Monde.

Je ne suis effectivement arrivé que rarement à saisir ce que disait Neil Shicoff mais sa façon d'interpreter le grand air de "Rachel, quand du Seigneur ..." a été remarquable.

Après ce moment intense quelqu'un derrière nous s'est déchainé en bravos ce qui a amené Eric à me glisser à l'oreille :

"C'est comme un ane. Il suffit qu'on lui tire la queue pour qu'il braie. Mais au fait qui tirait la queue de ce spectateur enthousiaste ?

En tout état de cause, je suis bien content pour ma culture personnelle de savoir enfin à quoi ressemble cet opéra dont je ne connaissait l'existence que par le fait qu'il avait été donné à l'inauguration du Palais Garnier.