En rêve, je me suis retrouvé la nuit précédente dans l'appartement familial que nous occupions à Strasbourg à l'époque de mes vertes années. En pantoufle et vêtu en tout et pour tout d'un slip je tentais d'ouvrir sans bruit la porte d'entrée. A n'en point douter, le teenager que j'étais redevenu s'apprêtait à prendre la poudre d'escampette pour partir en chasse.

Sitôt dans l'escalier, j'ai enlevé mes pantoufles, mais en étaient-ce ou n'était-ce pas plutôt des sandales ? Souvent ce genre de détail est imprécis voire fluctuant dans un songe. Les tenant à la main, je me suis mis à descendre les marches pieds nus et rien que cela était très excitant. J'ai lu dans une histoire sensée se passer dans l'Egypte antique que les gens bien éduqués marchaient pieds nus dehors et ne mettaient leurs sandales que à l'intérieur des maisons pour ne pas salir. Une possible réminiscence de cette lecture n'était sans doute pas étrangère à mon attitude dans ce rêve.

Alors que j'étais à mi-descente j'ai soudain entendu que l'on montait. D'après les voix, j'ai pensé qu'il devait s'agir de la famille de nos voisins du dessous. J'ai alors rebroussé chemin en toute hâte d'autant plus conscient de l'incongruité de ma tenue que par un changement inopiné propre au monde onirique il faisait tout d'un coup plein jour. Je suis remonté si vite que je me suis retrouvé sur une colline et mon rêve s'est mis à suivre un nouveau cours dont ma mémoire n'a pratiquement rien conservé.

J'aurais bien aimé savoir où je me rendais. Qui sait ? Peut-être dans un parc de la ville, connu comme lieu de drague où un gars aussi chaud que moi m'attendait. Je vais dans un instant me coucher, sachant bien qu'on ne reprogramme pas comme ça un rêve. Dommage ...