Même si ce week-end je n'étais pas à bordeaux j'ai participé au Congrès. Pour le comprendre en voici une explication :

Dimanche 12 novembre j'ai passé toute la journée à Issy-les-Moulineaux où se tenait ce qu'on appelle dans le vocabulaire vert "l'assemblée générale fédérale décentralisée par région" pour l'Ile de France. Cette longue expression est là pour signifier qu'il ne s'agit pas d'un congrès dans le sens classique du terme. Cela vient de l'histoire des Verts qui à leur naissance en 1984 se défiait de la démocratie représentative lui préférant la démocratie directe idéalement incarnée par le recours systématique aux assemblées générales d'adhérents. Lorsque les effectifs se sont mis à croître significativement il est apparu impossible de maintenir une AG nationale où étaient sensés se rendre l'ensemble des militants. Mais pour ne pas se "normaliser" il a été choisi vers 1998 de décomposer cette AG dite fédérale car les Verts sont sensés être une fédération d'entités  en deux temps.

Le premier (dimanche 12 novembre en l'occurrence) a vu l'ensemble des motions d'orientations générales et des motions ponctuelles (car ne concernant qu'un sujet) soumis au vote direct et là le terme direct a toute son importance - des membres du parti réunis dans chaque région le même jour en AG.

Le deuxième réunit les délégués élus dans ces AG décentralisée en un seul lieu, cette année c'était donc ce premier week-end de décembre à Bordeaux, pour une sorte de deuxième tour si l'on veut simplifier que les journalistes par souci de lisibilité désignent comme le congrès des Verts.

Ce deuxième temps vient apparemment de bien se terminer puisqu'une motion de synthèse quelque peu historique réunissant mes amis et notre candidate a obttenu une claire majorité.

Mais attention, contrairement à ce que pourrait faire croire la dépêche reproduite ci-dessous, tout n'est pas réglé pour la direction du parti car une règle contraignante impose qu'elle obtienne l'appui de 60% des membres du Conseil National Inter-Régional (CNIR) nouvellement élu.

Comme notre "bien aimé" CNIR se réunira les 16 et 17 décembre, il faut compter encore deux semaines de tractations ... c'est comme ça chez les Verts !

Les Verts réussissent la synthèse derrière Dominique Voynet

AP | 03.12.06 | 14:46

BORDEAUX (AP) -- La motion de synthèse intitulée "le troisième temps de l'écologie politique" et soutenue par Dominique Voynet et Alain Lipietz a obtenu
la majorité absolue avec 54,75% des voix en clôture du Congrès national des Verts à Bordeaux.
Au début du congrès samedi, huit motions avaient été présentées, quatre ont finalement été proposées au vote des 540 délégués après de longs débats.
La motion soutenue par Yves Cochet a obtenu 23,55% des suffrages des délégués.
La motion du "troisième temps de l'écologie politique" estime qu"'après le temps de la dénonciation, après l'expérience gouvernementale et l'accès à de
nombreux exécutifs, les Verts doivent franchir une nouvelle étape: passer de l'annonce des crises à la promesse de mutation et à la mise en oeuvre des
solutions".
Elle réclame "un accord exigeant de législature et de gouvernement entre la gauche et les écologistes". Le texte pose aussi comme "incontournable" un groupe
parlementaire Vert et un accord programmatique sur la mandature, notamment avec "un projet de loi sur la proportionnelle et la réorientation forte des
politiques en matière d'énergie", dont "la rupture programmée avec le nucléaire" et "pas un kilomètre d'autoroute en plus".
Dans son discours de clôture, Dominique Voynet a notamment affirmé, à propos de l'élection présidentielle, que "c'est une révolution écologique qui est
à l'ordre du jour". AP