Pour la deuxième fois voici un opéra dont je peux commenter la mise en scène, les costumes et les décors comme si je les avais vu. Que l'audio-description, ce système qui me fait ressembler à un député européen en séance (à cause du casque à infra-rouge), en soit remerciée ! En plus avec le programme en braille je n'avais plus rien à demander à Eric.

La première fois où j'ai pu faire cette expérience c'était en mai au Châtelet pour l'Orfeo de Monteverdi et ce que je trouve amusant c'est que là déjà la mise en scène avait choisi de transposer l'action dans l'Italie des années 1950.

J'ai donc pu me faire mon idée de la mise en scène de Laurent Pelly qui ne risquait pas de me surprendre toutefois à cause de ce que j'avais lu dans la blogosphère (voir notamment : http://www.zvezdoliki.net/blog/2006/06/11/339-l-elixir-d-amour-a-la-bastille).

Une question reste néanmoins en suspens : les bottes de foin étaient-elles authentiques ou en peluche ? Ce qui est certain c'est qu'il suffit de faire traverser la scène à un petit chien blanc pour amuser la galerie. Dans "les Paladins" de Rameau c'était la vision d'un lapin sur un écran en fond de scène qui avait déclenché l'hilarité du public. Cela serait intéressant  de chercher pourquoi l'irruption d'animaux dans l'action d'un opéra provoque ce genre de réactions.

J'ai apprécié que l'audio-description se poursuive à la fin lorsque les cinq solistes sont venus saluer le public. J'aime savoir qui j'applaudis. Charles Castronovo, excellent Némorino, a non seulement été acclamé comme il le méritait mais à la fin toutes les femmes du choeur de l'opéra l'on porté en triomphe sur l'estrade en milieu de scène. A la sortie il m'a été confirmé que c'était une première ... pour la dernière !

A croire que l'effet de l'élixir d'amour se prolonge au delà de la représentation. Dans ce cas si conformément à l'intrigue c'est un simple vin de Bordeaux je vais en boire désormais à chaque repas.

gageons que ma boîte aux lettres électronique se remplisse de mots doux d'admirateurs énamourés.