L'outil statistique de canalblog me signale que la fréquentation de ce blog, très modeste d'habitude, a doublé les deux jours où j'ai parlé de couilles. Est-ce que le sujet que je vais aborder aujourd'hui aura un effet identique ? Je vais certes parler de sexe mais franchement pas sur un ton badin.

En cette période de rentrée je m'interroge sur que faire à l'occasion du 1er décembre autrement dit la journée mondiale contre le sida. Je me suis ainsi livrée tout à l'heure à un brain storming avec ma chargée de mission.

Avant de songer à organiser quelques manifestations que ce soient il m'a paru indispensable de déterminer sur quel point il était nécessaire d'agir. Très vite j'ai évoqué la montée du phénomène que l'on nomme le relapse en oubliant d'ailleurs que ce mot anglais vient directement du français et a trait à la sorcellerie. Etait relapse et du coup envoyé au bucher celui ou celle qui revenait sur la confession publique de ses pêchés, par exemple le grand maître des Templiers ou Jeanne d'Arc.

Ma chargée de mission est allé dans mon sens en me confiant que désormais le préservatif faisait "has been" chez beaucoup.

Je n'ai pas envie d'être un moralisateur qui pointe le doigt sur ces vilains irresponsables qui délaissent la capote car je sais que un tiers des gays reconnaissent avoir eu au moins un rapport sexuel non protégé au cours de l'année passé. Et pour être franc, ce qui malheureusement est très rarement le cas dans le milieu militant, j'en ai eu un en 2004 (sans conséquence si ce n'est un mois de traitement préventif fort désagréable).

Je suis convaincu que ce qui est à l'oeuvre actuellement est humainement compréhensible au bout de 25 ans de pandémie. Moi qui suis un passionné d'Histoire j'ai en mémoire le témoignage d'un contemporain de la dernière grande peste dans le sud de la France au XVIIIème siècle. On peut y lire que à un certain moment les gens qui survivaient à Marseille furent pris d'une frénésie festive et sexuelle tellement ils n'en pouvaient plu face à cette épidémie qui se prolongeait. Cette licence fut alors réprimée dans le sang.

Ce n'est sans doute pas ce qui risque d'arriver mais je devine que certains ne seraient pas faché de voire interdits les lieux de convivialité sexuelle.

J'ai en vie de contribuer à ouvrir une autre voie que celle de la condamnation sans appel ou que celle du déni hypocrite.

Pour relancer la prévention il ne faut pas hésiter à être critique envers elle.

La limiter à son aspect médical est clairement insuffisant dans cette affaire où entre en jeu l'amour et/ou le sexe.

Je crois qu'il faut sexualiser le preservatif et d'abord en finir avec la promotion d'une capote à la forme unique. Il faut oser dire que son but est aussi d'être au service du plaisir. Un animateur du "kiosque" lors du printemps des associations lgbt m'a dailleurs fait une présentation instructive des différents modèles existants dont le fémidon qui a le mérite de ne pas enlever les sensations jouissives dûes à la transmission de chaleur pour la personne qui se fait pénétrer.

Maintenant tout le problème est de trouver comment faire passer ce discour dans le cadre d'une manifestation officielle : exercice délicat s'il en est !