Hier après-midi dans mon bureau surchauffé, j'ai reçu un coup de fil d'une de mes soeurs qui m'appelait depuis les Landes où elle passe ses vacances. Un moment elle m'a parlé de son mari qui venait de découvrir sur place les bienfaits du massage. Elle s'est étonné qu'on puisse aussi se servir des coudes pensant que cela devait faire un peu mal. J'ai trouvé sa réflexion bien naïve étant donné que en ce domaine j'ai quelques notions mais je n'ai pas osé l'interrompre.

En fait, je n'avais pas envie de lui dire dans quel cadre j'avais acquis une bonne connaissance des massages et en particulier du massage californien. Il aurait fallu évoquer cette cave aménagée dans un immeuble du cinquième arrondissement, la douzaine et souvent plus de participants à chaque séance, notre professeur, les tables de massage, la musique planante, la lumière tamisée, le corps de ceux qui étaient en position de masseur finissant par enveloper ceux qui étaient massés et leurs avant-bras complétant à merveille le travail des mains ... elle n'aurais rien compris et se serait mépris.

Tout cela était très sensuel (et seulement quelques rares fois un brin sexuel sous les douches après la séance à l'abri du regard réprobateur du prof). J'ai du mal à décrire cela avec mes pauvres mots. Que dire sinon que c'était un ailleurs dans le monde homosexuel où le pénis perdait sa place centrale au profit de la redécouverte du reste du corps. Nous apprenions enfin tout ce qu'il pouvait nous dire de l'autre. Je sais cette  dernière phrase est un tantinet emphatique mais en ce moment mes doigts se plairaient davantage à descendre une colonne vertébrale, à pétrir une cuisseou à écarter des orteils que à taper sur un clavier.