Aujourd'hui cela fait un an tout juste que j'ai fait le récit de mon coming-out à deux de mes neveux.

Ils étaient mes invités avec mon frère et ma belle-soeur. J'avais décidé de ne rien changer de mon intérieur car je n'en voyais pas l'interet. Ce n'est pas le calendrier des rugbymen du stade français dans la cuisine qui allait les effaroucher.

Au cours du repas, je me suis mis à raconter nos vacances d'été quand nous étions petit pour que l'ainé sache comment était son père à 15 ans, donc à son âge. Un peu emporté par mes histoires je me suis mis à parler de mon père, leur grand père qu'ils n'ont jamais connu.

Pour illustrer nos difficiles relations, j'ai parlé de l'épisode tragi-comique de  mon coming-out. Le plus grand de mes neveux a prété une attention soutenu à mon propos et m'a posé des questions pour avoir des eclaircissements.

Sa première m'a particulièrement surpris : il ne savait pas ce que signifiait coming-out.

A mesure que j'avançais dans mon récit je me suis rendu compte que mon frère l'ignorait et pour cause, je ne lui en avais jamis parlé.

Je me suis aussi à un moment posé la question si je faisais bien d'être aussi précis alors que le plus jeune des fils de mon frère présents n'avait que treize ans. Il ne disait rien mais j'ai senti qu'il écoutait avec autant - voire peut-être plus - d'interêt que son ainé.

Je garde de cette soirée un souvenir ému dû à la satisfaction d'avoir transmis quelque chose d'important à la génération suivante. J'espère qu'ils ont compris davantage qui j'étais et que un jour si un de leur copain leur apprend qu'il est homo il leur sera plus facile de trouver les mots justes.